Paolo Cognetti, La félicité du loup

Du compte-rendu à l’analyse, ce blog de critique littéraire s’intéresse à la qualité et à la singularité des livres sans tenir compte de leur médiatisation. Il ne se limite pas à l’actualité, même s’il privilégie les auteurs contemporains. Et, depuis mars 2009, il propose systématiquement des extraits du livre critiqué en fin d’article afin d’en donner un aperçu objectif. Pour la quasi-totalité des auteurs de langue italienne (lus en v.o.), ces extraits sont de plus donnés en italien.



Après l’immense succès de Le otto montagne / Les huit montagnes qui remporta le « premio » Strega en 2016 et le prix Médicis étranger en 2017 et fut traduit dans de nombreuses langues, Paolo Cognetti est devenu un écrivain international. Et c’est ainsi que La félicité du loup (La felicità del lupo) vient de paraître en avant-première simultanément en France, en Allemagne, en Hollande et en Espagne, deux mois avant sa version italienne originale ! Un choix que personnellement je regrette car j’aurais préféré découvrir cet ouvrage en italien, comme je le fis pour Le otto montagne et Senza mai arrivare in cima, plutôt que dans sa traduction française d’Anita Rochedy (1).

L’auteur aime alterner carnets de voyage à vocation documentaire apportant un air nouveau et fictions permettant un voyage à l’intérieur de soi-même (2). Et après la publication de Senza mai arrivare in cima (Einaudi, 2018) / Sans jamais atteindre le sommet (Stock 2019), il reprit à l’occasion de la Pandémie un roman commencé juste après Les huit montagnes autour de son personnage féminin (3) : « J’étais confiné à Milan et pour la première fois de ma vie, il était impossible d’aller en montagne. Le roman est né du désir de la retrouver, d’un besoin de liberté et de légèreté. »

1) Anita Rochedy étant la fidèle traductrice française de l’auteur depuis Le garçon sauvage (Zoé, 2016), Les huit montagnes (Stock 2017) roman pour la traduction duquel elle remporta le prix Terra Nova de la fondation Schiller en 2018, puis Sans jamais atteindre le sommet (Stock, 2019). Une traductrice que je ne connais quant à moi que pour sa traduction de La pozza del Felice de Fabio Andina qui ne m’avait pas convaincue.

2) « La fiction, c’est toujours un peu regarder dans un miroir. On est enfermé dans sa maison pour un voyage à l’intérieur de soi-même. L’écriture de voyage, c’est ouvrir les fenêtres. C’est comme prendre de l’air » (cf : ici)

3) Cf référence supra

Paolo Cognetti met toujours en scène sur « le théâtre de son imagination » un héros lui ressemblant par de nombreux traits mais aussi des personnages directement inspirés de ses amis, l’action se déroulant dans des lieux réels ou fictifs leur devant beaucoup. Et La félicité du loup nous transporte ainsi à nouveau dans les Alpes italiennes, dans cette région du Val d’Aoste au pied du massif du Mont Rose chère à l’auteur.

Mais c’est moins un roman de montagne dans sa dimension symbolique, poétique, qu’un roman sur le quotidien concret des montagnards. Un hommage, un chant d’amour à cette montagne « qui est simplement un lieu où des gens vivent, travaillent, essaient de gagner un peu d’argent pour survivre. Se rencontrent et s’aiment, cherchent le bonheur. »(4)

4) idem

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