Mon plan, Ibrahim Qashoush, Tueurs, — trois livres qui déjouent ce que nous pourrions attendre d’eux.

Les Imposteurs, le blog de Guillaume Richez.

Je vis, lis et écris près de Marseille où je travaille dans le domaine de l’éducation. J’ai publié deux polars. Mon premier livre de poésie, Géométrie du cri, paraîtra en octobre 2022 aux éditions LansKine. Je suis membre de la commission poésie du Centre national du livre.
Les Imposteurs est un blog dans lequel je défends les œuvres de création, où s’expriment les voix de la littérature actuelle à travers des entretiens grand format, et où je donne moi-même de la voix avec des lectures à voix haute.
Vous pouvez me contacter à l’adresse contact.bloglesimposteurs@gmail.com.

Guillaume Richez.

Contre-mesures [épisode #2]

Maël Guesdon, Mon plan, éditions Corti, novembre 2021
Maxime Actis, Ibrahim Qashoush, L’Ogre, mars 2022
Jean-Michel Espitallier, Tueurs, Inculte, mai 2022

Édito poétique. Mon planIbrahim QashoushTueurs, — trois livres qui déjouent ce que nous pourrions attendre d’eux. Trois livres dans lesquels le positionnement du sujet, de l’observateur, de l’auteur, mais aussi de la lectrice et du lecteur est mis en question par la structure de l’œuvre. Une structure faite d’éclatements, de plans, de séquences, d’énoncés montés, démontés, remontés. Comme s’il fallait que la lectrice et le lecteur ne perdent pas un instant de vue qu’il y a montage, pour réintroduire dans l’acte de lecture un effet en voie de disparition : un effet de distanciation.

Se méfier de la narration, des récits, des images, des discours produits. Comment créer aujourd’hui avec toutes ces vidéos, tous ces textes et énoncés en open source, ces copier-coller en ligne et en réseau ? Comment représenter le réel en littérature à l’ère du tout numérique ?

Et les trois auteurs de répondre par le déploiement d’un dispositif textuel à une seule entrée dont le premier niveau agit en répulsif pour tenir à distance le lecteur et la lectrice. Car il faut qu’il et elle voient le texte pour ce qu’il est. Voir le langage pour traverser le miroir.

Accorder plus d’importance non pas au contenu du texte lui-même mais à son contexte et à ses modalités de composition, au processus plus qu’à l’écriture elle-même : telles sont les règles de l’écriture sans écriture définies par Kenneth Goldsmith dans son ouvrage L’Écriture sans écriture — du langage à l’âge numérique (Uncreative Writing : Managing Language in the Digital Age, traduit par François Bon, Jean Boîte éditions, 2018).

Lire la suite.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.