Raymond Penblanc, L’éternel figurant

Le Réalgar éditions, janvier 2022


Le versant sombre de l’humain, l’irruption de la violence et de l’horreur dans des vies banales.
Un théâtre de la cruauté dont on sort quelque peu bousculé…
Douze histoires courtes, qui ne se laissent pas oublier.

Raymond Penblanc sculpte des récits qui saisissent des personnages à un moment crucial, celui où leur destin bascule. La chute – aux sens propre et figuré ! – surprend le lecteur, et le fait frémir. Elle a lieu, l’auteur ne laisse aucune échappatoire au lecteur, mais parfois il n’y a pas de point final au sens où elle n’est pas décrite. C’est alors l’imaginaire du lecteur qui, sollicité, prolonge l’histoire. À vrai dire, il est alors encore plus difficile d’en sortir !
Malgré la brièveté des récits, Raymond Penblanc prend le temps de décrire les sensations, les lieux, il donne des détails précis, parfois horribles. Mais le narrateur est à distance, et même quand il est le personnage principal, il s’en tient à un discours presque clinique. Ainsi est éliminé tout pathos, toute mollesse, tout superflu. Les faits, et seulement les faits. Résultat : les images restent en suspens dans la mémoire…

Implacable déroulement, destin inéluctable : au moment où commence chaque histoire, en fait l’arc tragique est déjà tendu, la flèche est partie, il n’est plus possible de revenir en arrière. Quelquefois elle vient de loin, du passé, mais elle suit sa trajectoire. Sans dévier.

La mort, la disparition, toujours. Y compris pour le livre du dernier texte. Le vide. Plus rien à lire.

Trois questions lancinantes, une fois le livre refermé : sommes-nous tous seulement des « figurants » dans le scénario de notre vie ? L’homme est-il un monstre ? La littérature nous sauve-t-elle ou bien est-elle soumise à ce même destin ?
De quoi réfléchir, une fois l’émotion produite par les textes un peu estompée…

Evelyne Sagnes


La quatrième de couv’
Les habitants d’un petit village se réfugient à l’intérieur d’une église afin d’échapper aux exactions d’une horde de pillards, une mère décide de venger l’assassinat de sa fille en exécutant un ancien chef de guerre, un assistant vétérinaire se livre à des opérations punitives contre les chiens, un obscur figurant de cinéma finit par tomber de haut, victime de sa vanité… Confrontés à des événements parfois étranges, parfois absurdes, mais toujours implacables et cruels, les personnages de ces douze histoires courtes connaissent, chacun à sa manière, un sort tragique. Jusqu’à ce lecteur pourtant rompu aux sortilèges de la fiction et qui ne peut qu’assister, impuissant, à la disparition de son livre.

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