Hui Phang Loo, L’Imprudence

La note de lecture de Patricia Bouchet.

L’imprudence  est un roman de 140 pages, tantôt monologue intérieur de la narratrice et tantôt une adresse à son frère ainé. Il est question de courbes, de corps, d’un corps qui s’offre, de sensualité, de plaisir et de jouissance pour l’une et d’angles morts où se terrent des souffrances , des regrets, des angles droits qui griffent les vies pour d’autres. On est emporté dès le début par une sensualité, une audace par l’angle choisit pour entrer dans l’histoire puis on déflore par strates les imprudences de certains. L’écriture est savoureuse et limpide, délicate et parfois provocante.
À l annonce du décès de la grand-mère, restée au pays, la mère, le frère ainé et la narratrice retournent au Vietnam pour les obsèques. Se détricote au fil des pages, la lignée de cette famille.  On avance par bribes vers des épisodes  de l’histoire familiale. Le grand père, figure importante, révèlera à la narratrice, dans les dernières pages une clé sur ce qu’elle est.  On mesure à travers les lignes la souffrance encore palpable du frère quant à cet exil, et quand à la séparation avec cette grand mère  et, de façon opposée,  le « peu d’attachement  de la sœur à ce pays. Et l’imprudence  dans tout ça… Le poids de la culture vietnamienne, ses traditions parlent à l’un et sont repoussés par l’autre. L’imprudence s’inscrira, pour certains, comme une forme de liberté, un besoin de faire vaciller, exploser le carcan de l’éducation et de la tradition. La narratrice offre son corps afin de se défaire de cette culture sclérosante quant au frère, il restera enfermé dans l’idée d’une vie qu’il aurait du avoir.Le dénouement est libérateur.


l’imprudence, Actes Sud, 2019

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