Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Une lecture de Dominique Jaubert.

          Dans une petite ville de l’Alabama, pendant la grande dépression, Jeremy (Jem), et Jean Louise (Scout), vivent avec leur père, Atticus Finch, avocat, élu à la chambre des représentants de l’Etat, et avec Calpurnia, leur nounou noire.
Ce livre, très bien construit, raconte la vie de la famille en « flash back » , sur une période de trois ans, à travers le regard de Scout, devenue adulte.
Il a la fraicheur des enfants, avec leur curiosité, leurs jeux, leurs défis, leurs peurs, leur imagination.
Il aborde, sans pathos, la ségrégation entre noirs et blancs, le système de valeurs de la bonne société, l’importance de la religion, les rôles affectés à chaque sexe, les rapports entre les générations, et fait l’éloge, de façon très sensible et émouvante, de l’amour filial.
Si les enfants Finch, dans cette société violente, injuste, hypocrite, grandissent et deviennent de belles personnes, c’est grâce à l’éducation qui leur est donnée par leur père et par Calpurnia, c’est grâce à la confiance que leur fait Atticus, à son honnêteté intellectuelle, à son courage, à sa lucidité.
C’est un livre à la fois triste et drôle, pessimiste et optimiste, qui provoque chez le lecteur, admiration et tendresse pour les personnages principaux.
Il est toujours d’actualité, les Ewell, petits blancs racistes et haineux, continuant malheureusement à contaminer le paysage politique  nord américain.
Quant à la polémique récente sur l’utilisation par Harper LEE du mot « negro », elle est ridicule, anachronique, et nuisible. Ce livre a été publié en 1960 et traite d’évènements survenus dans les années 1930. Il s’agit d’un roman, faisant place à la subjectivité de l’auteur, qui doit bénéficier de la liberté d’expression et de création.

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